Tout est blanc, calme.
Elle prend le temps de regarder chaque choses. Elle voit tout d'abord des toits, de toutes formes. Ils s'étendent presque à perte de vue. Derrière eux, elle devine une route. Mais la route s'est tue. Un silence apaisant l'empêche de prononcer quelques paroles que se soit. Elle regarde les toits de nouveau, parfois une cheminée fume. Alors, elle s'imagine un instant auprès du feu.
Elle aime regarder les étoiles, le soir, quand tout semble différent, quand tout dort. Alors elle est comme invisible dans un monde qui lui ressemble, un monde calme, que rien ne peut troubler et elle espionne ce monde, ce ciel.
La nuit tombe peu à peu. Les toits s'accordent parfaitement. La lueur de la lune trahit malgré elle une ombre. près d'un banc également recouvert de neige, elle voit un chat déposer ses empreintes dans le duvet blanc. Elle espionne. Il est beau. Il semble chercher un endroit où le froid aurait disparu mais où il pourrait à la fois profiter et regarder ce monde blanc.
Elle réfléchit. Elle voudrait lui proposer de la rejoindre. Mais, elle ne sait pas. Elle baisse de nouveau les yeux dans la petite cour, belle grâce à un chêne énorme et à un tout petit chemin de pierre. Le chat n'est plus là.
Elle observe. Elle est calme. Elle aime. Elle se dit, influencée par l'éclat sombre du ciel, que l'unique chose qui puisse ici, empêcher un rêve de se réaliser doit être la peur, celle d'échouer.
La nuit est maintenant omniprésente dans ce paysage d'une simplicité extraordinaire qui le rend superbe. Elle n'a plus conscience du temps, qui passe. Elle a connu trop de rêves, de roses et de promèsses qui se sont fannés mais qui n'ont pourtant jamais perdu leurs âmes déchirantes. Elle se sent minuscule dans un monde presque gigantesque. Son regard devient vide.
Elle est fatiguée. Ce sont les autres qui la fatiguent... Ils ne prennent le temps de rien. Ils veulent tout voir, tout faire. Seulement ont-il déjà observé le monde, la terre sur laquelle ils vivent ? Il ne savent qu'envisager le pire ou le meilleur, prévoir leur vie et leur bonheur.
Elle n'en peut plus. Elle déborde de colère. Sans le vouloir, une larme coule discrètement sur sa joue. Elle descend jusqu'à sa poitrine et meure sur son coeur.
Elle fixe les étoiles. Elle sourit à la lune. Pardonnez-la si demain, elle se mélange aux autres, à contre coeur. A présent, elle ressent l'activité trop brusque des personnes qui l'entourent.
Elle considère le ciel une dernière fois. Elle regarde ceux qu'elle a perdu et contemple avec admiration ce qui lui reste. Enfin, elle s'endore et je me réveille...
Anouk